Contexte
Le financement de projets diffère structurellement du crédit corporate classique : la source de remboursement n'est pas l'activité existante de l'entreprise mais le flux de trésorerie que le projet financé produira demain. Évaluer une telle exposition avec un modèle de notation corporate standard revient à poser la mauvaise question. Le second problème était plus répandu : la notation était calculée à l'octroi puis restait figée. Même quand le bilan du client se dégradait ou qu'un incident apparaissait, la notation n'était pas rafraîchie.
Démarche
- Le score d'évaluation des expositions spécialisées de financement de projets a été séparé des autres modèles de notation.
- Un processus d'évaluation distinct pour le financement spécialisé a été automatisé.
- Les données d'incidents ont été ajoutées aux modèles de notation existants comme paramètre supplémentaire.
- Les données de bilan courant ont été injectées dans le modèle afin que la notation se mette à jour dans le temps — une notation vivante.
Résultats
- Le financement de projets a été évalué avec un modèle correspondant à sa propre logique de risque.
- La notation a cessé d'être un instantané pris à l'octroi pour devenir un indicateur rafraîchi.
- Les incidents ont atteint plus vite l'évaluation du risque.
- Les unités de surveillance ont pu voir la dégradation plus tôt, à travers la notation elle-même.
Cette étude de cas décrit le projet par son périmètre et sa démarche. Le nom du client, les chiffres commerciaux et les indicateurs de performance sont tus au titre des obligations de confidentialité.
Ce que ce projet a laissé derrière lui
Un indicateur de risque qui n'est pas rafraîchi n'est pas un indicateur mais une archive. La maturité n'est pas la seule chose qui bouge pendant la vie d'un crédit ; l'état de l'emprunteur aussi. Le même principe vaut quand on apprécie la capacité d'endettement d'une entreprise : le DSCR d'aujourd'hui compte plus que le DSCR du jour de l'octroi.
- Conseil bancaire et crédit — Conseil stratégique sur la restructuration des créances douteuses, l'analyse financière, la préparation des négociations et la conduite des processus bancaires.